J’ai rencontré …
C’est une tradition, un rituel dont l’origine se perd dans la nuit des temps.
L’échafaudage est dressé au flanc de l’édifice. Le coq, déchu du clocher pour être remplacé par son successeur, est couché sur une civière, promené à travers les rues du village et présenté à la population.
« Voilà, le malade, on va le soigner » disent les ouvriers.
La besogne terminée, ils gravent leur nom, la date, l’heure et le nom de l’architecte sur les pattes de la boule du nouveau coq souverain, avant de fêter l’avènement d’une gorgée de gnole. Après que le coq fut baptisé du même breuvage, la bouteille est enfouie dans la boule scellée par soudure.
Jean-Claude Duplessis, couvreur ornemaniste, attaché au cérémonial et aux coutumes qui font le compagnonnage, ne manque pas de sacrifier lui-même à la tradition et s’acquitte avec plaisir de ce petit rituel.
Il a tout juste quatorze ans, lorsqu’il emprunte la même voie que son père et rejoint l’entreprise de couverture familiale, mais quelques années plus tard, le destin, imprévisible, lui donne le petit coup de pouce qui le propulse hors du nid et de l’univers clos de son enfance. Il découvre ce jour-là, chez un architecte et posé sur un coin de bureau, le « Journal du compagnonnage », un appel à la lecture qui va changer le cours de sa vie. (à suivre).
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